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Le Jabal Moussa

Afin de documenter l’occupation humaine et l’histoire économique de l’arrière-pays montagneux de Byblos, un programme de recherches mené par l’ULB en codirection avec Claude Doumet-Serhal (British Museum) a été entrepris en 2022 sur le site de Broqta, à la lisière orientale de la réserve du Jabal Moussa au Liban (fig. 1). Ces travaux ont permis d’identifier un important pressoir antique, couvrant environ 230 m². 

 
Carte
Fig. 1 : Carte du Liban (Carte de base : Google, A. Vokaer. DAO : E. Depasse, Université libre de Bruxelles).

Les premières traces d’occupation du site remontent aux Ier et IIe siècles de notre ère. Dès cette époque ou peut-être au cours d’une phase légèrement postérieure, le bâtiment connaît une vocation vinicole, comme l’attestent l’aménagement de cuves destinées à la collecte du jus de raisin et la présence de pierres d’ancrage.
Durant la période byzantine (IVe-VIIe siècles), le complexe est divisé en deux espaces. Au moins trois presses à levier ont pu être identifiées. Elles se caractérisent par des aires de foulage et des recettes de grande capacité (ca 2000 l.) (figs. 2 et 3). Le mobilier céramique est principalement constitué de grandes jarres de stockage, confirmant la fonction artisanale du site.
 
Orthophotogrammétrie du bâtiment
Fig. 2 : Orthophotogrammétrie du bâtiment. © N. Paridaens, A. Vokaer et B. Van Nieuwenhove, Université libre de Bruxelles).
 
Sondage 5 vu du sud
Fig. 3 : Sondage 5 vu du sud : le bassin de foulage à l’avant-plan et la pierre d’ancrage à l’arrière-plan. © Université libre de Bruxelles.
 

Durant la période byzantine (IVe-VIIe siècles), le complexe est divisé en deux espaces. Au moins trois presses à levier ont pu être identifiées. Elles se caractérisent par des aires de foulage et des recettes de grande capacité (ca 2000 l.) (figs. 2 et 3). Le mobilier céramique est principalement constitué de grandes jarres de stockage, confirmant la fonction artisanale du site.
Abandonné vers le VIIe siècle, le complexe est réoccupé entre le XIe et le XIVe siècle, probablement à des fins domestiques. Les cuves servent alors de dépotoirs, tandis que de nouveaux murs subdivisent les espaces et que des foyers sont aménagés. Une chronologie similaire a été observée sur le site voisin de Qornet ed-Deir, ainsi qu’à aj-Jaouze dans le Metn. Ces données soulignent l’intérêt d’étendre les recherches à l’échelle régionale afin de mieux comprendre les dynamiques d’occupation des territoires ruraux dans l’arrière-pays montagneux du Liban.

Contact

Agnès VOKAER, Professeure
Nicolas PARIDAENS, Archéologue.